Le Déjeuner des canotiers est peint par Pierre-Auguste Renoir vers 1880-1881. Cette grande toile d’environ 130 × 173 cm représente un groupe réuni sur la terrasse de la Maison Fournaise à Chatou, au bord de la Seine. Elle est aujourd’hui conservée à la Phillips Collection à Washington.
La Maison Fournaise et les loisirs de la Seine
La Maison Fournaise était un restaurant et un lieu fréquenté par des canotiers, des artistes et des Parisiens venus profiter des bords de Seine. Renoir connaissait le site et l’avait déjà représenté. Le tableau appartient au contexte des nouveaux loisirs rendus plus accessibles par le chemin de fer et par le développement des établissements de plein air.
Une scène composée, pas une photographie instantanée
L’impression de spontanéité ne signifie pas que tous les modèles posèrent ensemble pendant un unique repas. Renoir construisit la composition et travailla les figures au cours de plusieurs séances. La table en diagonale, la balustrade et les groupes de personnages organisent soigneusement l’espace.
Quelques personnages généralement identifiés
- Aline Charigot, future épouse de Renoir, apparaît au premier plan à gauche avec un petit chien ;
- Gustave Caillebotte, peintre et collectionneur, est assis au premier plan à droite, vêtu d’un maillot blanc et coiffé d’un canotier ;
- Alphonsine Fournaise, fille du propriétaire, est généralement identifiée près de la balustrade à gauche.
D’autres identifications ont été proposées par les historiens, mais leur emplacement et leur certitude doivent être vérifiés dans la notice de la Phillips Collection plutôt que reconstruits à partir d’expressions supposées.
La lumière et les blancs
La nappe, les chemises, les chapeaux et les verres réfléchissent une lumière filtrée par l’auvent de la terrasse. Les blancs sont nuancés de bleu, de rose, de jaune et de gris. La touche visible donne une impression de vibration, mais le terme « fragmentation tonale » ne doit pas être attribué aux impressionnistes comme une expression historique sans source.
Une composition de groupe
Le tableau combine portrait collectif, scène de genre et étude de la vie moderne. Les regards et les gestes font circuler l’attention d’un groupe à l’autre. Il est possible de commenter cette sociabilité sans inventer les conversations, les pensées ou l’état émotionnel de chaque modèle.
Provenance
Le marchand Paul Durand-Ruel acquit l’œuvre de Renoir. Duncan Phillips l’acheta en 1923 pour sa collection à Washington. Le tableau est devenu l’une des œuvres emblématiques de la Phillips Collection. Il est faux d’écrire qu’il serait resté chez Renoir jusqu’en 1897, qu’il aurait été acquis par le musée en 1921 ou qu’il ne serait jamais exposé de manière permanente.
Les affirmations de restauration à écarter
Les récits concernant un décollement précis de la toile, des analyses infrarouges révélant un chapeau gratté ou un bras déplacé, et une conservation volontairement itinérante doivent être supprimés lorsqu’aucune publication du musée n’est citée. Une description technique ne doit jamais être inventée pour donner une apparence scientifique au texte.
Choisir une reproduction
Le tableau est particulièrement exigeant à reproduire en raison du nombre de figures, de la variété des carnations, des objets de la table et des blancs colorés. Il faut conserver ses proportions horizontales et utiliser une image de référence fiable. Une validation photographique avant expédition permet de contrôler les visages, la composition et l’équilibre général des couleurs.
Voir la reproduction du Déjeuner des canotiers.
À retenir : peint vers 1880-1881 à Chatou, le tableau est une composition longuement construite et non une scène instantanée. Il appartient à la Phillips Collection depuis l’achat de Duncan Phillips en 1923.
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